Fasciathérapie

Absorber les chocs auxquels nous sommes continuellement soumis est un des rôles de protection du corps attribués en partie aux fascias.Mais lorsque cette fonction est dépassée, ils réagissent par des tensions, des crispations, des déficits de plans de glissement et des pertes d’adaptation tonique, installant des zones de blocage, de densité, d’immobilité et de froid, propices à de véritables dysfonctionnements.

Fascia est un mot latin signifiant bande qui entre dans la langue en 1806 pour désigner les tissus conjonctifs fibro-élastiques formant les enveloppes des différentes structures de l’organisme. Le petit Robert nous donne comme définition : « membrane de tissu conjonctif qui enveloppe des groupes de muscles et certains organes dont elle assure le maintien » Les fascias, ou tissus conjonctifs, relient le corps dans sa globalité et aujourd’hui le continuum fascial est un fait scientifique (www.fasciacongress.org et www.fasciaresearch.com). Ce système fascial global est bien connu des fasciathérapeutes parce que c’est par ce jeu fascial d’un blocage retentit inévitablement dans plusieurs régions à distance de la zone fixe ou immobile.

La méthode de fasciathérapie cible aussi principalement son action sur ce tissu parce qu’il intervient dans la régulation de la posture et du mouvement. Son rôle n’est cependant pas limité à celui de soutien et d’enveloppe, bien qu’il soit primordial puisqu’il permet l’harmonie des mouvements et la préservation de l’équilibre. Mais, d’autres fonctions ont, aujourd’hui, été mises à jour, comme celle de la plasticité fasciale, permettant de comprendre le rôle joué par le fascia dans les modifications du tonus tissulaire et musculaire grâce à ses liens directs avec le système neurovégétatif et nerveux central. Nous accédons aussi, à travers l’univers de l’architecture mouvante du corps, à la fonction de communication qui en découle réunissant les systèmes vasculaire, endocrinien et immunitaire.

L’action curative du fasciathérapeute redonne aux fascias souplesse, capacité d’adaptation et « sensibilité », permettant d’optimiser leur rôle de gardien du bon fonctionnement corporel somato-psychique.

Il existe différentes méthodes qui s’adressent aux tissus conjonctifs du corps. Celle dite fasciathérapie-Méthode Danis Bois a été mise au point dans les années 1980 par Danis Bois alors kinésithérapeute et ostéopathe, en s’inspirant des fondateurs de l’ostéopathie mais en se démarquant clairement de leurs fondamentaux. On lui doit la modélisation de concepts inédits et novateurs tant sur le plan de la thérapie manuelle, de la rééducation du geste ou de la conception de l’unité corps/psychisme.

 

La méthode

 

La fasciathérapie est une thérapie manuelle dont l’action douce et profonde peut être utilisée sur des inflammations importantes, des douleurs aiguës et des blocages sévères. L’action thérapeutique vient solliciter les possibilités d’autorégulation intrinsèque de l’organisme grâce à la mise en jeu des mouvements internes tissulaires et aux modulations toniques qui en résultent. Parce que les modulations toniques sont indispensables aux fonctions d’adaptation somatiques et psychiques d’une personne, la mise en jeu des voies psychotoniques aboutit à des effets somato-psychiques essentiels tant ils participent à la résolution des pathologies : détente psychique, diminution des angoisses et de la fatigue psychique, remobilisation des ressources corporelles et cognitives qui permettent de « faire face »

 

Cette méthode mène donc différentes actions :

 

– curative par son action sur le relâchement des tensions, la régression des douleurs, la diminution des blocages, la réharmonisation des schèmes tensionnels du corps et enfin la rééquilibration du tonus tissulaire,

– éducative en agissant sur la modification du rapport à la douleur, sur l’impact de la relation du patient à son corps et la création d’un rapport positif à soi,

– et d’accompagnement par la prise en compte psychosociale de la maladie, des facteurs de risque et des stratégies de résolution mises en place. Cette action concerne tout particulièrement les patients présentant des troubles aigus du stress et les personnes traversant l’épreuve de maladies chroniques ou lourdes en soin de support.